Alors, j’ai renoncé à la pratique de la voyance. Je ne souhaite plus adhérer à un système malsain : la plupart des gens qui le constituent (ce qui explique la mauvaise presse de la profession et elle est justifiée) ; et malsain encore par sa fonction même, qui vise à entretenir les gens dans l’attente d’un futur probable mais qui n’existera peut-être jamais !
Note de la rédaction :
Depuis... juin 2000, la réflexion de l’auteur continue d’évoluer. Cependant, Laurent Edouard est toujours tourmenté par ses doutes et ses ambitions : Utilité et recours aux arts divinatoires ? Rejoindre une famille dont l’étiquette n’est "pas des plus glorieuses" ?
Les affres de la vocation ?
COPYRIGHT Laurent EDOUARD
A la veille de l’an 2000, la voyance fait recette, toujours et encore plus ! Pas un média ne terminera l’année sans y faire allusion et les prédictions des mages de tous poils abondent. Encore une bonne occasion de rire un peu ! Et d’alimenter de prochains débats télévisés !
L’homme a toujours éprouvé le besoin de se rassurer et de se raconter des histoires pour mieux vivre les difficultés de la vie, d’où le succès des diseurs de bonne aventure, mais aussi des religions et des sectes.
Depuis mon plus jeune âge, je me suis passionné pour toutes les disciplines ayant trait à la divination, J’ai étudié des dizaines d’ouvrages, les meilleures références, j’ai rencontré quelques pointures du milieu (sans jamais voir de miracle), mais mon esprit de chercheur de vérité m’a poussé à aller plus loin et à percer le voile mystérieux et l’ambiance sulfureuse des coulisses de la voyance : j’ai fait le grand saut.
Un jour de décembre 1997, j’ai poussé la porte des services de l’URSSAF et cinq minutes m’ont suffi pour valider mon inscription : j’étais devenu voyant professionnel ! Cette expérience m’a fait découvrir le public de la voyance. Sa pratique quotidienne m’a permis de tester grandeur nature la justesse de mon art, mais a révélé également ses faiblesses... et les miennes aussi !
Alors, oui, sincèrement des phénomènes de voyance se produisent parfois, chez moi comme chez les autres. Il s’agit de quelque chose de bien plus grand que moi, qui me dépasse et que je n’explique pas. C’est la même chose que lorsque vous pensez à un ami et que le téléphone sonne au même moment : un phénomène de synchronicité entre deux événements a lieu. C’est sublime, mais incontrôlable. Ainsi, il m’est arrivé de dire à une femme qui me consultait pour la première fois que son fils souffrait d’épilepsie, et c’était vrai ; ou encore j’ai décrit avec précision la relation d’un couple. Il m’a suffi d’observer les deux partenaires avec attention et humilité.
Mais combien de choses fausses ai-je dites ? Car que fait-on lorsque ce merveilleux phénomène ne se produit pas ? On a recours aux ficelles du métier, qui sont tellement grosses qu’on dirait des câbles ! Ou encore, à la psychologie si on veut rester honnête !
Alors, j’ai renoncé à la pratique de la voyance. Je ne souhaite plus adhérer à un système malsain : la plupart des gens qui le constituent (ce qui explique la mauvaise presse de la profession et elle est justifiée) ; et malsain encore par sa fonction même, qui vise à entretenir les gens dans l’attente d’un futur probable mais qui n’existera peut-être jamais !
Attendre que les prédictions se réalisent c’est vivre hors de la réalité. C’est donc très pernicieux. Or, il existe une catégorie de consultants qui investissent le voyant d’un pouvoir qu’il n’a pas, l’obligeant à répondre à une multitude de questions auxquelles il sera incapable de répondre, surtout en si peu de temps. Le voyant est ainsi pris à son propre piège, il doit tout pouvoir annoncer ! Hélas, il n’en est pas capable mais saura-t-il le dire ?
Et combien de personnes sont arrivées chez moi effondrées psychologiquement, parce qu’un illuminé leur avait annoncé l’accident, la mort d’un proche ou autres catastrophes qui n’ont jamais eu lieu ? Navrant !
Mes amis, faites appel à votre bon sens pour que ce nouveau millénaire soit le commencement d’une époque résolument positive et réaliste, rejetant une fois pour toute cette façon de pratiquer d’un autre âge. L’époque de Mademoiselle Lenormand est belle et bien révolue.
Il existe, sans doute, quelques praticiens bien intentionnés, sérieux et très psychologues (ce qui est la qualité indispensable de ce métier de voyant). Laissez parler votre intuition pour les découvrir... et fuyez les autres ! N’écoutez pas les annonceurs de miracles, on vous promet la lune sachant que vous ne l’aurez pas pour vous faire consulter à nouveau !
Pour ma part, je poursuis mon étude pratique du Tarot de Marseille, avec l’approche la plus moderne et scientifique possible, tout en préparant un livre : je veux en effet faire partager à tous mon expérience de la voyance vue de l’intérieur. Les autres en parlent, mais moi j’y suis allé. Car cet outil (le Tarot de Marseille) peut réellement nous aider à mieux comprendre les mécanismes qui régissent notre vie affective et professionnelle loin des supercheries habituelles. Il nous aide à voir avec notre propre regard, non pas à travers le regard trouble d’un voyant aveuglé par ses propres angoisses !
N’acceptez jamais plus les prescriptions autoritaires des voyants qui affirment les choses sans être capables de se remettre en question. Leur rôle n’est pas de vous imposer un futur qu’ils ont choisi pour vous mais au contraire de vous rendre créateur de votre destin. Il est déjà très difficile de conduire sa propre vie alors qui pourrait prétendre mener la vôtre à votre place ?
Comprenez-moi bien : il ne s’agit pas de tout rejeter en bloc. Simplement, n’attendez pas plus d’un voyant que ce qu’il peut offrir. S’il prétend tout donner ou tout résoudre, il ment, et c’est tant pis pour vous !
Laurent Edouard - In "L’Officiel de la Voyance - Presse magazine N°4" - Juin Juillet 2000
Attention tout de même à ne pas généraliser.
Certains professionnels de la voyance savent réfléchir et rester humbles. Un certain nombre d’entre eux sont en quête spirituelle, la voyance ne s’y oppose pas.
La difficulté demeure lorsqu’il s’agit d’une activité professionnelle à part entière.
A suivre...
Ma réflexion est en constante évolution. Voir lien
Un autre papier est en préparation...
Bien cordialement, Laurent EDOUARD